Est-ce que je suis en train d’accompagner une personne… ou de défendre une méthode ?

Gaëtan m’a écrit quelques semaines après notre première séance.

« Merci de m’avoir laissé l’espace d’être différent sans que ce soit un problème. »

Je me suis souvenu de notre première rencontre. Il était souriant. Aimable. Raisonnable.

Il m’a parlé de cette sensation étrange d’être différent, sans plainte excessive, sans dramatisation. Puis il a raconté son expérience avec quelqu’un qui l’accompagnait. Et là, il a pleuré.

Il n’allait pas mal. Pour la première fois, il mettait des mots sur quelque chose resté longtemps flou.

Gaëtan avait consulté quelques mois plus tôt. La personne était sérieuse, compétente. Elle parlait bien. Elle expliquait la carte et le territoire avec précision. Elle proposait, comme souvent, de visualiser.

Gaëtan a essayé. De bonne foi.

Mais quand on lui demandait « imagine la scène », il n’y avait rien. Pas d’image. Pas de film intérieur.

Il a tenté de l’exprimer. Elle a reformulé, insisté, encouragé. Sans vraiment accepter cette possibilité : que son client ne puisse pas visualiser.

Gaëtan est reparti avec quelque chose de familier : le sentiment que le problème venait encore de lui.

Gaëtan fait partie de ces personnes qui vivent avec ce qu’on appelle l’aphantasie : l’impossibilité à produire des images mentales volontaires.

Ce n’est ni rare, ni pathologique. Les études estiment qu’environ 5 % de la population est concernée, avec des formes très variées : certaines personnes n’ont pas d’images visuelles mais pensent en sensations, en mots, en concepts. D’autres n’ont jamais su que « voir dans sa tête » n’était pas universel.

Gaëtan l’ignorait. Et jusque-là, personne ne lui avait laissé l’espace pour que cette différence soit simplement recevable.

Il n’avait pas besoin d’apprendre à mieux visualiser. Il avait besoin que son mode de fonctionnement soit reconnu comme légitime.

Nous avons travaillé autrement. Par le ressenti corporel. Par les micro-réactions émotionnelles. Par ce qui se passait réellement dans l’instant, sans passer par l’image.

Avec Gaëtan, nous n’avons pas eu besoin d’images. Nous avons travaillé sur ce qu’il ressentait physiquement quand il pensait à certaines situations. La tension dans les épaules. La gorge qui se serre. Le poids dans la poitrine.

Ces sensations-là, il les percevait parfaitement.

Wingwave® s’adapte à la façon dont chaque personne traite l’information. Le test myotatique ne demande pas d’imaginer, il demande de ressentir. Les stimulations bilatérales travaillent directement sur le système nerveux, sur les empreintes de stress telles qu’elles sont encodées dans le corps.

Mais ce qui a changé pour Gaëtan, ce n’est pas la technique. C’est le fait qu’on ait accepté qu’il fonctionne différemment.

Je vois souvent cette situation : des professionnels formés à des approches puissantes, efficaces, mais qui finissent par les appliquer de manière rigide. Parce que « ça marche ». Parce que « c’est la méthode ».

Sauf que si votre méthode ne s’adapte pas à la personne que vous avez en face de vous, ce n’est plus de l’accompagnement. C’est de la prescription.

Est-ce que je suis en train d’accompagner une personne ou de défendre une méthode ?

Cette question me guide depuis des années. Elle m’aide à rester à ma place : celle de quelqu’un qui accompagne, pas celle de quelqu’un qui impose.

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